Personne humaine
Revenir aux sources de l'inspiration de l'IRCOM
Plusieurs questions reviennent régulièrement sur le choix du Master Management du développement en matière d’enseignement. Ceux qui nous découvrent apprennent que le Groupe IRCOM, depuis sa création en 1984 s’appuie sur l’enseignement social chrétien.

D’où de légitimes questions : « Quel rôle doivent jouer les religions dans l’action humanitaire ? Quel sens donner aux thèmes tels que la solidarité, la charité, la vérité, la paix, la justice ?... Le christianisme en particulier a-t-il des réponses à proposer à ces questions ?
En effet, depuis 100 ans, s’appuyant à la fois sur le travail de la raison, sur l’Evangile et sur son expérience, l’Eglise propose une vision de la vie en société accessible à tout homme de bonne volonté. Très tôt impliquée dans le service des plus pauvres elle s’appuie sur 5 principes qui sont comme les piliers de cet enseignement au sein de l’IRCOM : la personnalité, la créativité, la responsabilité, la solidarité et la subsidiarité.

 

1| Personnalité :

 

L’homme tient sa dignité à la fois de sa nature, de son origine et de sa destinée. Par sa nature, il est un « animal raisonnable » qui ne répond pas aux seules sollicitations de son instinct. A cette constatation s’ajoute ce que propose la révélation biblique : « créé à l’image et à la ressemblance de Dieu » (Genèse), chaque homme a une dignité « transcendante et absolue ». Elle se traduit en chaque homme par le besoin d’être connu et reconnu : connu, c'est-à-dire situé dans un réseau et accepté dans sa complexité ; reconnu au sens où chacun a besoin d’être distingué dans son originalité, dans son unicité et dans son unité.

Un des objectifs du développement humanitaire est que chaque acteur puisse révéler à la personne aidée tout le trésor de ses potentialités.

2| Créativité :

"Créé à l’image de Dieu », l’homme est aussi créateur. C’est si vrai qu’en lui enlevant cette part de créativité, on l’ampute d’une dimension essentielle de sa personnalité. La reconnaissance de ce droit à la créativité est donc une expression du respect de la personne mais aussi une condition de son efficacité. Cette reconnaissance, d’abord donnée à nos stagiaires, est la base d’une action humanitaire positive et féconde. Enfin, le « développeur humanitaire » aide à faire immerger chez les personnes pour qui il œuvre leur potentiel créatif.

3| Responsabilité :

Comme aimait à le rappeler le pape Jean-Paul II : « il ne suffit pas de dire je suis libre, il faut dire : je suis responsable ». L’homme en effet n’est pas attaché au bien, il lui appartient de le choisir en se libérant des tentations qui peuvent le tromper. La liberté n’est donc pas un droit mais un devoir qui nous conduit à faire des choix. C’est à la fois inquiétant et rassurant. Inquiétant par le renvoi de chacun à lui-même et rassurant par la considération qui en découle. C’est la dignité de chaque homme de supporter les conséquences, bonnes ou mauvaises, de ce qu’il a choisi : « l’ouvrier aura ou non sa récompense, l’ouvrage de chacun sera mis en évidence » (1 Cor 3, 10-15). La formation doit donner la capacité au « développeur humanitaire » de discerner avec finesse son champ de responsabilité, afin de garantir une action bien dimensionnée, qui ne heurtera pas les populations.

4| Solidarité :

La solidarité se fonde pour chacun sur la double exigence de sa propre existence et de l’existence de l’autre. C’est à la fois le besoin d’être soutenu et le devoir de soutenir et de partager. Elle appelle une sollicitude attentive des plus forts à l’égard des plus faibles, une collaboration au développement de l’environnement culturel dans lequel ils se trouvent. Ainsi, le développement doit-il prendre en compte l’égale dignité de chaque personne quelle que soit sa position dans la société et contribuer à l’enracinement de l’action humanitaire par le jeu de partenariats ou de participation au développement local.

5| Subsidiarité :

Explicité pour la première fois par le pape Pie XI en 1931 le principe de subsidiarité consiste à respecter en tout le primat de la personne. L’éminente dignité de la personne humaine, et son droit à l’initiative économique exigent que « le déploiement de l’activité de chacun ne soit pas totalement soumis à l’autorité d’autrui » - Mater et magistra » (n°92). Concrètement, cela signifie qu’il ne faut pas mettre la société avant la personne mais la personne avant la société et que c’est à celui qui est le plus proche de l’acte engagé que reviennent à la fois la liberté et la responsabilité d’agir ! Lorsque l’on cherche à appliquer ce principe, la compréhension du lien entre liberté et responsabilité est très importante. En effet, plus les responsabilités descendent, plus il est important que chacun comprenne son rôle et celui des autres.

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